
La Turquie pourrait couvrir près de la moitié de ses besoins en électricité grâce à l’énergie solaire sur les toits, selon une étude de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Le pays dispose d’un potentiel de 120 gigawatts d’énergie solaire sur les toits, ce qui pourrait réduire sa dépendance aux réseaux électriques à grande échelle.
Un potentiel inexploité
L’étude de l’AIE met en lumière le potentiel considérable de la Turquie en matière d’énergie solaire sur les toits. Si ce potentiel était pleinement exploité, il pourrait fournir près de la moitié des besoins totaux en électricité du pays. Cela permettrait non seulement de réduire la dépendance aux réseaux électriques centraux, mais aussi d’augmenter la part de l’énergie solaire dans le mix énergétique national.
La transition vers une énergie distribuée offre des avantages économiques et stratégiques. Les consommateurs pourraient réduire leurs factures d’électricité en produisant leur propre énergie, diminuant ainsi la nécessité pour l’État d’octroyer des subventions énergétiques. De plus, les installations solaires sur les toits constituent une infrastructure plus résiliente en cas de catastrophes naturelles, telles que des tremblements de terre.
Obstacles bureaucratiques
Malgré ces avantages, l’adoption de l’énergie solaire résidentielle se heurte à des obstacles bureaucratiques. Les démarches administratives pour obtenir les autorisations nécessaires auprès de diverses agences gouvernementales peuvent prendre près de sept mois, ce qui dissuade les utilisateurs potentiels.
Read Also: African ferry disasters push region toward safety overhaul
Le système de facturation nette, mis en place en 2019, permet aux utilisateurs de vendre leur surplus d’électricité. Cependant, les longs délais d’obtention des permis freinent l’adoption généralisée de cette technologie dans le secteur résidentiel.
Réformes en cours
Le gouvernement turc est en train de mettre à jour son cadre réglementaire pour lutter contre ces retards. Des modifications législatives récentes visent à raccourcir considérablement les délais d’octroi des autorisations pour les projets d’énergie renouvelable, en réduisant l’attente de quatre ans à environ 18 mois.
Les experts estiment que des obligations imposant l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments publics et les constructions neuves, associées à une simplification des procédures de demande, accéléreraient encore davantage l’indépendance énergétique du pays. Par ailleurs, des investissements dans le stockage de l’énergie et les réseaux intelligents sont essentiels pour maximiser l’efficacité des systèmes solaires et garantir une distribution stable de l’électricité.


